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Rentabilité des panneaux solaires : faites le calcul !

La rentabilité d’une installation photovoltaïque dépend de plusieurs facteurs : coût d’installation, production d’électricité, mode de valorisation et prix de l’énergie. En pratique, un projet solaire peut être rentable en 7 à 12 ans, avec un gain total pouvant atteindre 2 à 3 fois l’investissement initial sur 25 ans.

Dans cet article, nous détaillons les méthodes de calcul selon chaque modèle : vente totale, autoconsommation et vente du surplus.

Comment calculer la rentabilité d'une installation photovoltaïque ?

La rentabilité d’un projet photovoltaïque dépend de quatre éléments principaux :

  • Le coût de l’installation et du raccordement au réseau (CAPEX)
  • Ses coûts maintenance et de remplacement des pièces d’usure (OPEX)
  • Sa capacité à produire de l’électricité 
  • La manière dont cette électricité est valorisée.

Si vous vous intéressez majoritairement à la rentabilité des différents modes de valorisation, sans passer par les notions en investissement, sautez directement à ces étapes :

Calcul de l'investissement photovoltaïque : CAPEX

Pour obtenir un calcul de rentabilité fiable, il ne faut pas se contenter du prix des panneaux, mais prendre en compte l’ensemble du système de production et sa liaison au réseau.

Coût de la centrale photovoltaïque

Elle regroupe le matériel et la pose. Le coût varie principalement selon la puissance totale et le type de matériel choisi :

  • Les panneaux solaires : Les panneaux photovoltaïque offrant le meilleur rapport qualité prix, ont une puissance moyenne de 490 Wc 
  • Le ou les onduleurs
  • Le système d’intégration : les prix varient significativement en fonction du type de toiture : toitures inclinées, toitures terrasse

Le raccordement

C’est une étape souvent sous-estimée dans le calcul de rentabilité. Le raccordement consiste à lier votre centrale au réseau public de distribution (généralement géré par Enedis).

Selon la distance entre votre toiture et le point d’injection, ou la nécessité de renforcer le réseau existant, ces frais peuvent représenter une part importante de votre investissement initial.

Nous avons fait un point sur les coûts liés au raccordement ici.

COUP DE POUCE TERRE SOLAIRE 

Chez Terre Solaire chaque installation est unique et nous calculons systématiquement les coûts de raccordement. Vous pouvez calculer le CAPEX d’une installation toiture avec notre simulateur WattNext

Coût moyen d’une centrale solaire en fonction de la taille en 2023 selon le site photovoltaïque.info

Taille de la centrale
Prix au kWc

9 à 36 kWc

1,2 à 1,7 € HT/Wc

36 à 100 kWc

1,0 à 1,2 € HT/Wc

100 à 500 kWc

0,8 à 1,0 € HT/Wc

+ 500 kWc

< 0,8 € HT/Wc

Nous avons fait un point complet sur l’investissement photovoltaïque dans cet article

Les coûts d’exploitation : l’OPEX

Une installation solaire n’est pas totalement dépourvue de charges. Pour calculer une rentabilité réelle, il faut intégrer l’OPEX (Operating Expenditure). Ces frais de fonctionnement représentent généralement entre 1% et 2% de l’investissement initial par an.

Ils se décomposent en quatre postes principaux :

  • La maintenance et le nettoyage : Un contrôle annuel des serrages et des onduleurs, couplé à un nettoyage des modules (selon l’environnement), garantit le maintien de votre productible.
  • Le remplacement des pièces d’usure : L’onduleur est l’élément le plus sollicité. Il faut prévoir son remplacement (ou celui de ses composants) environ tous les 10 à 15 ans.
  • Les taxes et frais administratifs : Cela inclut le TURPE (Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Électricité) dû à Enedis et, pour les grandes installations, l’IFER (Imposition Forfaitaire sur les Entreprises de Réseaux).
  • L’assurance : Indispensable pour couvrir les dommages aux panneaux (grêle, tempête) et la perte d’exploitation si votre centrale s’arrête de produire.

Comment calculer la production d’une centrale photovoltaïque ?

La rentabilité d’un projet photovoltaïque dépend directement de sa capacité à produire de l’électricité. Cette production prévisionnelle, appelée productible, correspond à la quantité d’électricité qu’une centrale peut générer sur une année.

Son calcul peut être présenté simplement :

Production annuelle (kWh) = puissance installée (kWc) × productible local (kWh/kWc/an).

Le productible local est à retrouver sur la base de données PGVIS.

Le productible spécifique dépend ensuite de plusieurs paramètres : l’ensoleillement du site, l’orientation et l’inclinaison des panneaux, les éventuels masques, ainsi que les pertes liées au fonctionnement de l’installation.

Exemple de calcul de production d'une installation photovoltaïque

Par exemple, une centrale photovoltaïque de 100 kWc avec un productible estimé à 1 100 kWh/kWc/an pourra produire environ 110 000 kWh par an. Cette donnée est indispensable pour calculer ensuite la valorisation de l’électricité produite, puis la rentabilité globale du projet.


Notre simulateur WattNext calcule directement votre production photovoltaïque à partir de ces données

Maintenant que nous avons vu combien produit la centrale photovoltaïque, il faut se poser la question de comment vous allez utiliser cette électricité, et combien rapporte chaque type de valorisation

Calcul de la rentabilité en vente totale de l'électricité photovoltaïque

La vente totale est le modèle le plus simple à calculer. Toute l’électricité produite par la centrale est injectée sur le réseau et vendue à un tarif défini selon la puissance de l’installation et le cadre réglementaire applicable.

Le calcul est le suivant :

Revenus annuels (€) = production annuelle vendue (kWh) × prix de vente de l’électricité (€/kWh)

Exemple : pour une centrale de 100 kWc produisant 110 000 kWh/an, avec un tarif de vente de 0,08 €/kWh, le revenu annuel est de :

110 000 × 0,08 = 8 800 € par an

Tarifs d'achat de l'électricité en vente totale

Au 2e Trimestre 2026 – du 1er avril 2026 au 1er juillet 2026

Puissance de l'installation photovoltaïque
Tarifs réglementés - 2e trimestre 2026

≤ 3 kWc

Non éligible

≤ 9 kWc

Non éligible

 

≤ 36 kWc

0,0805 € / kWh

 

≤ 100 kWc

0,07 € / kWh

 

≤ 500 kWc

Tarif soumis à un appel d'offre simplifié
Lire notre article

> 500 kWc

Tarif soumis à un appel d'offre CRE
Lire notre article

EXEMPLE DE CALCUL EN VENTE TOTALE

  • Puissance installée : 209,3 kWc
  • Productible estimé : 1 300 kWh/kWc/an
  • Tarif de vente : 8,873 c€/kWh

Production annuelle = 209,3 × 1 300 = 272 090 kWh/an
Revenus annuels = 272 090 × 0,08873 = 24 142,55 € / an

Calcul de rentabilité des panneaux solaires en autoconsommation

En autoconsommation, la rentabilité ne repose pas uniquement sur un revenu lié à la vente d’électricité. Elle vient d’abord d’une dépense évitée : chaque kWh solaire consommé sur place est un kWh qui n’est pas acheté au réseau.

Le niveau de rentabilité dépend donc de la capacité du site à consommer l’électricité au moment où elle est produite.

L’autoconsommation totale : consommer toute sa production photovoltaïque

courbe de consommation d'une chambre froide comparée à la courbe de production solaire

Dans un modèle d’autoconsommation totale, l’installation est dimensionnée pour que l’électricité produite soit consommée directement sur site, sans injection sur le réseau.

Ce type de projet repose sur un principe simple : la centrale doit rester cohérente avec le talon de consommation du site, c’est-à-dire sa consommation minimale, afin d’éviter les surplus non valorisés.

L’indicateur le plus utile ici est le LCOE (Levelized Cost of Energy), c’est-à-dire le coût de revient du kWh solaire produit sur la durée de vie du projet.

LCOE = (CAPEX + OPEX sur la durée) / production cumulée sur la durée

EXEMPLE DE CALCUL DU PRIX DE REVIENT DU KWH SOLAIRE : LCOE

 

  • Puissance installée : 200 kWc
  • Productible estimé : 1 100 kWh/kWc/an
  • Prix de la centrale : 110 000 €
  • Coûts d’exploitation : 3 500 €/an
  • Analyse du LCOE à 20 ans

LCOE Simplifié = (110000 + 3500 x 20) / (200 x 1100 x 20) = 4,09 c€/kWh
Si l’on applique une dégradation de la puissance des panneaux de 0,4 % par an :
LCOE 20 ans = 4,25 c€/kWh
Et encore, si l’on calcule le LCOE sur la durée de garantie des panneaux : 30 ans
LCOE 30 ans = 3,3 c€/kWh

Le projet devient intéressant lorsque ce coût de revient est inférieur au prix du kWh acheté au réseau. Autrement dit :

  • si votre kWh solaire revient à 0,05 € ;
  • et que votre kWh réseau vous coûte 0,15 € ;

chaque kWh autoconsommé génère une économie brute de 0,10 €.

EXEMPLE DE CALCUL RENTABILITÉ EN AUTOCONSOMMATION TOTALE

 

  • Puissance installée : 209,3 kWc
  • Productible estimé : 1 300 kWh/kWc/an
  • Tarif réseau : 15 c€/kWh
  • LCOE : 5 c/kWh

Production annuelle = 209,3 × 1 300 = 272 090 kWh/an
Economies annuelles = 272 090 × (0,15-0,05) = 27 209 € / an

L’autoconsommation photovoltaïque avec vente du surplus : une rentabilité hybride

Courbe d'autoconsommation d'une entreprise

Dans le modèle d’autoconsommation avec vente du surplus, la centrale couvre une partie des besoins du site, et l’électricité non consommée instantanément est injectée sur le réseau puis vendue.

La rentabilité repose alors sur deux flux distincts :

  • l’électricité autoconsommée, valorisée au prix du kWh réseau évité ;
  • l’électricité injectée, valorisée au tarif d’achat applicable.

Le calcul des gains devient donc mixte :

Gain annuel = économies sur l’électricité autoconsommée + revenus liés à la vente du surplus

Ce modèle permet généralement d’installer une puissance plus élevée que dans un schéma d’autoconsommation totale, à condition que le surplus reste correctement valorisé. Voici les tarifs de vente du surplus en fonction de la puissance :

Au 2e trimestre 2026 – du 1er avril 2026 au 1er juillet 2026 – Tarifs d’achat de la vente du surplus en autoconsommation : 

Puissance de l'installation photovoltaïque
Tarifs réglementés - 2e trimestre 2026
Prime à l'investissement

P ≤ 9 kWc

0,04 € / kWh

 

70 € / kWc

P ≤ 36 kWc

0,0473 € / kWh

 

140 € / kWc

P ≤ 100 kWc

0,0473 € / kWh

 

60 € / kWc

100 kWc ≤ P ≤ 500 kWc

Tarif soumis à
un appel d'offre simplifié
Lire notre article

Non éligible

P > 500 kWc

Tarif soumis à
un appel d'offre CRE
Lire notre article

Non éligible

Comment estimer la part de l'électricité autoconsommée ?

C’est un point clé du calcul de rentabilité. Pour savoir quelle part de la production sera consommée sur place et quelle part sera injectée, il faut comparer :

  • la courbe de production de la centrale ;
  • et la courbe de charge du site

Et déterminer :

  • Le taux d’autoconsommation (% de l’électricité solaire consommée sur site)
  • Le taux de couverture (% de l’électricité produite par les panneaux effectivement consommée)

2 Approches sont possibles :

ETUDE photovoltaïque

Nous analysons des données de consommation réelles, à partir des pas de temps du compteur Enedis, de votre activité (week-ends, fermeture d’entreprise) pour dimensionner votre installation photovoltaïque au plus près du profil de consommation du site.

première estimation

Chez Terre Solaire, notre simulateur WattNext s’appuie sur des profils de consommation sectoriels pour proposer une première estimation de la part d’autoconsommation.

EXEMPLE DE CALCUL EN AUTOCONSOMMATION AVEC VENTE DU SURPLUS

  • Puissance installée : 209,3 kWc
  • Productible estimé : 1 300 kWh/kWc/an
  • Tarif réseau : 15 c€/kWh
  • Tarif de vente du surplus : 8,5 c/kWh
  • LCOE : 5 c/kWh
  • Taux d’autoconsommation : 60%

Production annuelle = 209,3 × 1 300 = 272 090 kWh/an
Economies annuelles = 272 090 × (0,15-0,05) x 0,6 = 16 325,4 € / an
Revenu du surplus =
272 090 x (0,085) x 0,4 = 9 251,06 € / an
Gain Total =
16 325,4 + 9 251,06 = 25 576 € / an

L'autoconsommation solaire avec stockage : comment calculer la rentabilité d’une batterie ?

Le stockage peut améliorer le taux d’autoconsommation en décalant dans le temps une partie de l’électricité produite en journée pour la restituer plus tard, lorsque le site en a besoin.

Mais une batterie ne produit pas d’électricité : elle ajoute un coût supplémentaire au projet. Sa rentabilité ne se juge donc pas avec le LCOE seul, mais avec le LCOS (Levelized Cost of Storage), c’est-à-dire le coût du kWh restitué par le système de stockage.

Le raisonnement est le suivant :

  • l’électricité produite par la centrale a déjà un coût ;
  • le passage par la batterie ajoute un coût de stockage ;
  • il faut donc comparer le coût complet du kWh stocké puis restitué avec le prix du kWh réseau évité.

En pratique, une batterie devient pertinente lorsque :

coût du kWh solaire + coût du stockage < prix du kWh acheté au réseau

Le stockage peut donc améliorer la rentabilité d’un projet, mais seulement dans certains cas : profil de consommation décalé, forte valeur de l’électricité évitée, contraintes réseau ou recherche d’autonomie plus importante.

👉 À lire aussi : notre analyse complète sur la rentabilité d’une batterie solaire

Conclusion

Le temps de retour sur investissement, le gain total et le TRI ne racontent pas exactement la même chose. Pour autant, ils reposent tous sur les mêmes fondamentaux : le coût du projet, les charges d’exploitation, la production réelle de la centrale et la manière dont l’électricité est valorisée. Dans cet article, nous nous sommes concentrés sur la notion de gain, c’est-à-dire ce qu’une installation photovoltaïque peut réellement rapporter dans le temps.

Temps de retour sur investissement

Le temps de retour sur investissement est en moyenne entre 7 et 12 ans, selon le mode valorisation choisi, le raccordement et le financement. Mais temps de retour ne dit pas ce que cela rapporte ensuite.

simulez la rentabilité

Notre simulateur WattNext vous permet de simuler à la fois le coût de votre projet photovoltaïque et la rentabilité en fonction de la taille de votre toiture, son orientation et inclinaison, ainsi que le productible de votre emplacement.

taux de rendement interne
(TRI)

Le taux de rendement interne donne la performance d’un investissement financier. C’est ce qui vous permet de comparer un investissement photovoltaïque avec un taux d’épargne, un investissement locatif…

Foire aux questions sur la rentabilité des panneaux solaires

Dans une approche simplifiée, on peut utiliser la formule suivante :
LCOE = (CAPEX + OPEX sur la durée de vie) / production cumulée sur la durée de vie.
Ce calcul donne un coût moyen du kWh produit par l’installation.

La rentabilité d’une installation photovoltaïque se calcule en comparant son coût total à ce qu’elle rapporte ou permet d’économiser dans le temps. Selon le projet, il faut distinguer plusieurs approches : la vente totale, l’autoconsommation totale, l’autoconsommation avec vente du surplus, ou encore l’ajout d’une batterie. Les principaux indicateurs sont le temps de retour, le TRI et le coût de revient du kWh solaire.

Le prix de revient du kWh solaire, est approché par le LCOE, il dépend du type de support : centrale au sol, toiture ou ombrière. À titre indicatif, il peut descendre autour de 0,035 €/kWh pour de grandes centrales au sol, tandis qu’il est plus élevé sur des installations comme les ombrières.

En vente totale, toute l’électricité produite par la centrale est injectée sur le réseau et vendue à un tarif d’achat fixé par contrat, généralement pour une durée de 20 ans. La méthode de calcul est simple : il faut estimer la production annuelle de la centrale, la multiplier par le tarif d’achat pour obtenir les revenus, puis comparer ces revenus au coût total du projet.

Production annuelle = puissance installée × productible local
Revenus sur 20 ans = production annuelle × tarif d’achat × 20
Coût total sur 20 ans = CAPEX + OPEX sur 20 ans

La rentabilité dépend ensuite de l’écart entre les revenus générés par la vente d’électricité et le coût global de l’installation. Après le premier contrat, la centrale peut continuer à produire et à vendre de l’électricité, mais le prix de vente est généralement plus faible.

En autoconsommation avec vente du surplus, la rentabilité correspond à la somme de deux gains : les économies réalisées sur l’électricité consommée sur site, et les revenus liés à l’électricité injectée sur le réseau. Dans une approche simplifiée :

Gain annuel = électricité autoconsommée × prix du kWh évité + électricité vendue × tarif de rachat − OPEX annuels.

Le résultat dépend donc du taux d’autoconsommation, du tarif d’achat du surplus, du prix de l’électricité réseau et du coût global du projet.

En 2026, l’autoconsommation est généralement plus rentable que la vente totale. Plus le taux d’autoconsommation est élevé et plus le prix de l’électricité achetée au réseau est important, plus ce modèle devient avantageux. La vente totale reste toutefois plus simple et plus prévisible, car toute l’électricité produite est vendue à un tarif fixé par contrat.

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